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Jésus a-t-il aboli la loi sur la croix ?

  • 19 mai 2020
  • 9 min de lecture



« Il [le Christ] a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix. » (Éphésiens 2:15)


Pour répondre à la question : Jésus a-t-il aboli la loi sur la croix ? il nous faut comprendre le thème d’Éphésiens comme un tout, ensuite suivre le flux de pensée du contexte immédiat du texte. Le thème est bien résumé dans Éphésiens 1:9,10 : '' Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre '' , qui déclare que Dieu a révélé le mystère de sa volonté dans la vie et la mort de Jésus-Christ. C’est le désir de Dieu que toutes choses dans les cieux et sur la Terre soient unies dans le Christ. En détaillant les composants de cette unité, l’épître enseigne que la séparation entre Dieu et l’humanité doit être résolue, les puissances malignes doivent être vaincues, et la séparation et l’hostilité entre les êtres humains doivent cesser. Le mystère maintenant révélé dans l’Évangile est que les Gentils doivent être héritiers avec Israël (Éphésiens 3:6) : '' Ce mystère, c'est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus Christ par l'Évangile '' , les deux doivent former un corps et doivent ensemble prendre part à la promesse qui est en Christ Jésus.


Les Gentils deviennent citoyens


Dans Éphésiens 2, qui fournit le contexte immédiat au verset 15 : '' Ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix '', la grâce de Dieu est exaltée (Éphésiens 2.1-10) comme la base pour l’unité entre les Juifs et les Gentils décrite au chapitre Éphésiens 2:11-22. Ce passage commence avec une description graphique de la condition éloignée et sans espérance des Gentils. D’un côté, ils sont appelés avec mépris « incirconcis » par les Juifs circoncis '' C'est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu'on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l'homme '' (Éphésiens 2:11). D’un autre côté, les Gentils étaient « sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2:12). Quelle image de malheur ! Toutefois, un grand changement est en cours, parce que le verset 13 : '' Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ'' commence par un « mais », ce qui nuance tout ce qui précède. Les résultats de la révolution que le « mais » indique se trouvent dans Éphésiens 2:19-22 : ''Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu.Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angulaire.En lui tout l'édifice, bien coordonné, s'élève pour être un temple saint dans le Seigneur.En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit ''. les Gentils ne sont plus étrangers ni des gens de passage, mais des concitoyens, des saints et membres de la famille de Dieu. La maison dont ils font maintenant partie est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, avec Jésus-Christ comme la pierre angulaire. Incroyable, dans ce nouvel édifice ou temple spirituel, eux, qui auparavant étaient sans Dieu sont devenus une habitation pour Dieu !


Le Christ a uni Juifs et Gentils


Comment tout cela s’est-il produit ? Éphésiens 2:13-18 : '' Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix,et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit.'' montre le chemin. Tout comme dans les temps anciens le sang sacrificiel était porté à l’autel, le lieu de la présence de Dieu, de même, par le sang du Christ, les Gentils ont été attirés auprès du peuple de Dieu, et de Dieu lui-même avec les Juifs. Le début du verset Éphésiens 2:14 : « c’est lui notre paix », n’est plus « nous et eux », mais « nous ». La paix du Christ est aussi bien aux Gentils qu’aux Juifs. La paix est incarnée en Christ, et être unis à lui, c’est trouver de la paix sur la Terre et la paix avec le Ciel. Le chemin à la paix est expliqué dans Éphésiens 2:14-16. Le Christ entreprend une action décisive « pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix » (Éphésiens 2:15). Juifs et Gentils sont faits un par trois événements simultanés à la croix : (1) Le Christ renverse le mur de séparation ; (2) il met fin aux inimitiés ; et (3) abroge « la loi avec ses commandements et leurs dispositions ».


La pièce centrale est la fin des inimitiés, mentionnée non seulement au verset 14 mais aussi au verset 16, où, par la mort du Christ, les inimitiés sont abattues. Le Christ rend cela possible en renversant le mur intermédiaire de séparation érigé entre Juifs et Gentils. Ce mur est défini comme « la loi avec ses commandements et leurs dispositions [ou règlements] ». Ces dispositions ou règlements sont ceux qui étaient à l’origine de la séparation et de l’hostilité entre Juifs et Gentils.


La barrière renversée n’est pas la loi morale de Dieu


Comment identifions-nous la loi avec ses commandements et leurs ordonnances qui formaient une barrière qui devait être renversée ? On peut affirmer avec certitude que ce ne sont pas les principes moraux qui se trouvent dans la Loi de Dieu. Éphésiens 2:15 ne prend pas une position antinomique (contraire à la loi), et ne considère pas non plus l’abolition du commandement de Dieu de l’aimer lui ainsi que son prochain (Deutéronome 6.4, 5 : '' Écoute, Israël! l'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.'' et Lévitique 19:18 : '' Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel.''), qui est amplifié dans les dix commandements (Exode 20.2-17) et approfondi par Jésus dans Matthieu 5:17-48, qui commence ainsi : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ». Est-ce que la dimension morale de la loi a provoqué l’inimitié entre Juifs et Gentils, de sorte que si les principes moraux étaient abolis le résultat serait la paix ? Quelle sorte de paix ce serait si les normes fondamentales d’amour et de justice se perdaient ? Le résultat serait la guerre au lieu de la paix ! Ce sont des considérations générales, mais dans Éphésiens, il y a en plus un certain nombre de considérations spécifiques que nous pouvons citer pour étayer notre conclusion. (1) En opposition avec le passé, quand nous étions fils de la désobéissance agissant en conformité avec le prince de la puissance de l’air (Éphésiens 2:1,2), nous avons été « créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » (Éphésiens 2:10). (2) Ces bonnes œuvres incluent non seulement le commandement général d’aimer (Éphésiens 4:15 : '' Mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ '' ; Éphésiens 5:2,25 : '' et marchez dans la charité, à l'exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s'est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur... Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle), mais aussi des pratiques morales qui doivent être observées et des pratiques immorales qui doivent être évitées (Éphésiens 4:17 : '' Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées.'' ; Éphésiens 5:20,21 : '' rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.''). Si l’instruction morale crée l’inimitié, alors Éphésiens a reconstruit le mur de séparation ! (3) Très significatif : Le cinquième commandement se référant à l’honneur dû aux parents s’exprime avec un principe de validité continue et le relie à la promesse de vie éternelle (Éphésiens 6:2,3). De plus nous devons nous rappeler que des Gentils furent attirés au judaïsme précisément en raison de leurs normes morales élevées.


« Les commandements et leurs ordonnances »


Si Éphésiens 2:15 n’a pas pour but la dimension morale de la loi, alors quel est-il ? « Les commandements et leurs ordonnances » auxquels fait référence Paul ont un lien avec la séparation entre Israël et les autres nations. Qu’avaient les Juifs qui visiblement les séparaient des Gentils ? Pour commencer, ils avaient le service du temple avec les sacrifices quotidiens, réglementés par les lois cérémonielles et les préceptes Juifs ajoutés après, ce qui différenciaient très clairement les Juifs des Gentils.


Cela peut être illustré par le tumulte soulevé contre Paul à Jérusalem, quand un groupe de Juifs a supposé qu’il avait introduit dans le temple le païen Trophime. Ils considéraient que cet acte avait profané le temple (Actes 21:28, 29: '' en criant: Hommes Israélites, au secours! Voici l'homme qui prêche partout et à tout le monde contre le peuple, contre la loi et contre ce lieu; il a même introduit des Grecs dans le temple, et a profané ce saint lieu. Car ils avaient vu auparavant Trophime d'Éphèse avec lui dans la ville, et ils croyaient que Paul l'avait fait entrer dans le temple.''), parce que les Gentils étaient réputés impurs (Actes 10:28 : '' Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur.''). Une inscription déterrée en 1871 a encore plus clarifié l’expérience de Paul avec Trophime. L’inscription indiquait le mur de séparation entre la cour des Gentils et les cours des Juifs adjacents, et menaçait de mort le Gentil qui le traverserait. Certainement, une source d’hostilité !


Il est vrai qu’au temps de l’Ancien Testament Dieu a appelé Israël parmi toutes les nations pour être son peuple spécial. (Exode 19:5,6 :  '' Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi;vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux enfants d'Israël.'' ; 1 Rois 8:53 : '' Car tu les as séparés de tous les autres peuples de la terre pour en faire ton héritage, comme tu l'as déclaré par Moïse, ton serviteur, quand tu fis sortir d'Égypte nos pères, Seigneur Éternel! ''). Différents préceptes ont maintenu cette séparation, parmi lesquels la loi de la circoncision. Dans Éphésiens 2:11 Paul mentionne comment la circoncision divisait à cause de la façon dont les Juifs circoncis utilisaient le mot « incirconcis » de manière péjorative pour désigner les Gentils. Mais en Christ la circoncision n’est plus nécessaire, car les Gentils peuvent être le peuple de Dieu tout comme les Juifs et ensemble ils forment un seul homme nouveau (Éphésiens 2:15), qui n’est plus ni Juif ni Gentil. Dans 1 Corinthiens 7:19 : " La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien, mais l'observation des commandements de Dieu est tout.'' Paul dit que la circoncision et l’incirconcision ne sont rien (Galates 6:15 : '' Car ce n'est rien que d'être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature.'') ; ce qui importe est de garder les commandements de Dieu.


Non seulement les lois cérémonielles très spécifiques dans l’Ancien Testament séparaient les Israélites des autres nations, mais dans les écrits juifs de la période inter-testamentaire, où les lois juives se multipliaient, l’idée de séparation s’est fortement renforcée ( Marc 7:2-5 : '' Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées.Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens;et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain.Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures?''). Ceux qui sont revenus de l’exil et leurs descendants étaient décidés de ne jamais retourner en exil et tentaient de protéger Israël de l’influence des cultures environnantes, et de cette façon ils ont renforcé le mur de séparation entre Juifs et Gentils. Par conséquent, ce qui semble aboli dans Éphésiens comme « La loi avec ses commandements et leurs ordonnances » sont les lois cérémonielles et les règlements légaux qui rendaient difficiles aux Gentils de faire partie du peuple de Dieu. Quand cette barrière de séparation a été renversée par la croix, qui a été l’accomplissement du système cérémoniel de l’Ancien Testament et qui a condamné à mort les inimitiés (Éphésiens 2:16), ce qui est apparu a été « avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix » (Éphésiens 2.15).

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